Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 08:15

We are alive !!!! Désolés pour le petit retard pour notre 2ème post mais là au moins vous aurez de quoi lire...peut-être même en plusieurs fois...mais on s'est dit, à force d'attendre, qu'il vallait mieux un post entier sur l'Argentine où nous serons finalement restés 30 jours tant nous nous y sommes sentis bien !

On vous embrasse tous et bonne lecture. D'autres photos sont disponibles dans les albums (qui arriveront au fur et a mesure, le temps de charger les photos... dans les jours a venir, avec la carte de notre parcours argentin) .

 

Nous vous avions laissés au Brésil à Ilha Grande à la fin de notre dernier post. C'est en quittant l'île dès le matin que s'est ouvert notre premier débat interne lié à notre prochaine destination (et oui c est ça de vivre au jour le jour!).

Guillemette s'en souvient encore...et encore ...et encore :

 

Sujet : Je veux aller à Brasilia et Thomas veut aller directement en Argentine.

Avec moi :

  • Cette capitale administrative est THE laboratoire urbain du Mouvement Moderne jamais construit à grande échelle (bref tu ne vois ça qu'une fois et ca en jette pas mal sur ton cv d'architecte).

Contre moi :

  • C'est complétement hors-circuit par rapport à notre parcours. Cela ferait donc une grosse parenthèse dans les terres de 18h aller, 18h retour alors qu'on ne voulait pas rester plus de 15 jours au Brésil;

  • Sans penchant particulier pour le béton, la destination n'est pas très attractive. Disons qu'elle est moins adaptée pour recevoir les touristes que les congressmen au Hilton. L'utopie architecutale a des dommages collatéraux : l'échelle des distances étant immense, il est difficile de se déplacer à pied. Le moindre trajet nécessite d'être motorisé.

  • Même le Routard est contre moi : "On a pas aimé...etc...". Merci Jean Loup et Christiane...j'avais pas besoin de vous!!!

  • Et pour enfoncer le clou, la nature elle-même s'oppose à moi. Pendant de notre trajet vers Sao Paulo, la météo nous apprend qu'il pleut dans les terres; il serait donc plus intelligent de descendre au sud de Sao Paulo pour retrouver le beau temps.

Après les 2 heures de ferry, il nous reste 7h de bus jusqu'à Sao Paulo, ville dans laquelle il faudra se décider. Le débat murit pendant le trajet (difficilement...voire très difficilement). Thomas commence à se faire à l'idée et finit même par accepter...

22h : arrivée à Sao Paulo. Le départ pour Brasilia étant à 22h45, je me précipite au desk de l'agence de bus pour acheter 2 billets. Et là, je m'énerve sur ce pauvre guichetier (dans ces moments là, on te refourgue toujours le gars qui ne parle pas un mot d'anglais). Trop tard c'est complet ! Un seul départ par jour. Prochain départ : demain soir même heure. Bref, fin du combat pour moi, pas le courage de chercher un hôtel à cette heure là...on en peut plus depuis ce matin, il ne reste plus que 2 places de justesse pour la frontière argentine (Puerto Iguazu)...Le destin a décidé pour nous.

A l'instar de son urbanisme, Brasilia restera pour moi une utopie. Afin de ravaler ma déception, Thomas me proposera le lendemain au réveil pour me consoler de visiter Argentinia...

 

Nous voilà donc arrivés en Argentine, à Puerto Iguazu. Les chutes d'Iguazu, les plus grandes du monde, constituent en fait la frontière entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. Nous prenons notre première journée pour nous reposer et vister la ville après nos presque 30h de voyage depuis Ihla Grande.

Puerto Iguazu ne présente pas grand intérêt , la ville vivant à 100% du tourisme. Première bonne nouvelle : le peso argentin, très bas depuis la crise monétaire de 2002. Notre pouvoir d'achat vient d'augmenter considérablement; nous ne manquerons pas d'en profiter !

Premier hôtel, type motel, pour nos 2 premiers jours : bon marché, sympa, propre...malgré la visite quotidienne d'un cafard (ou blatte?) dans notre salle de bain. Première épreuve pour Guillemette, qui me supplia tout de même de changer d'hôtel après la découverte de notre nouveau coloc. Dormir dans une chambre avec cafards : checked !

Iguazu restera également notre contact avec la non moins fameuse gastronomie argentine (viandes et vins principalement)...mais on en reparlera un peu plus tard tant cela mérite une analyse plus profonde...

 

Revenons à l'essentiel de cette destination : la visite du parc naturel et les stars locales, les Cataratas! Pour en profiter au maximum, nous optons pour une visite organisée du côté argentin où se trouvent 80% des chutes. Divers circuits (en petit train genre Jurrassik Park, à pied ou en zodiac) qui nous permettent d'apprécier les chutes de différents points de vues et d'être plus ou moins prêts (voire quasi dedans). Les Cataratas (les chutes pour ceux qui auraient pas compris) sont véritablement impressionnantes (nous avons la chance d'avoir la météo avec nous) : nous passons la matinée à nous balader sans nous lasser de ce spectacle continu.




La visite des chutes s'apparente quelque peu à celle d'un parc d'attraction lorsque nous décidons de nous embarquer dans "The Big Adventure" : traversée de la jungle en mode Safari (découverte du palmier le plus fin du monde...on est ravis...) suivi d'un tour en zodiac pour s'approcher au plus près des chutes, beaucoup plus fun :

Après avoir été prévenus que nous serions un peu mouillés, nous enfilons confiants nos "rain cut" Quechua à 2 euros tout en assistant amusés au strip tease du groupe du 3ème âge nous accompagnant se mettant tous en maillot de bain. Nous commençons par un court trajet de 10 min relativement mouvementé dans les rapides pour remonter le Rio Iguazu jusqu'aux chutes. Nous nous étonnons à ce moment là encore de l'insistance du staff quand à la protection des biens personnels (pourtant déja rangés dans des sacs étanches )...plus pour longtemps. En effet, à l'approche des chutes, nous nous retrouvons littéralement noyés sous des trombes d'eau (impression même d'avoir été plongés plusieurs secondes au fond du rio)...L'opération est renouvelée plusieurs fois (je me demande encore comment mon portable qui était dans ma poche a pu survivre...). Bien que complétement trempés (là on fait moins les fiers vis à vis de nos voisins qui se sont amusés comme des petits fous en maillot), l'expérience d'avoir pu nous confronter de si près aux chutes restera un souvenir unique!!!

 




Après cette journée lessivante (désolé mais Guillemette insiste pour cette blague), nous retournons au village à la recherche d'un lieu pour dormir puisque notre hotel n'a plus de place pour nous...on est veille de jour férié, el dia de Cristobal Colon (ah oui c' est lui qui a découvert l'Amérique). Tous les hotels sont assaillis. Nous attérissons finalement dans une très sympathique auberge de jeunesse tenue par Javier (très cool mais qui faisait un peu flipper Guillemette). Ces 2 nuits en dortoir nous ont permis de sociabiliser avec des routards (une grosse hollandaise, une commédienne berlinoise venue pour apprendre l'espagnol à Buenos Aires et un jeune californien on tour lui aussi). On en profite pour prendre des infos sur notre prochaine destination : pas de doute cette fois, vamos a Buenos Aires !

 

Au programme encore 18 heures de bus jusque la capitale mais cette fois, nous optons pour la première classe, histoire d'être sûr de passer une vraie nuit de sommeil. Pour bien comprendre, une parenthèse s'impose sur ces trajets...

Le réseau reliant les villes sudamericaines n'est pas un réseau ferré comme chez nous : les argentins se déplacent principalement en bus. Mais attention les trajets dépassent rapidement les 15h vu la taille du pays. C'est pourquoi ces voyages n'ont rien à voir avec ce à quoi je m'attendais..."Quoi ? On va rester plus d'une nuit dans le bus" --> pensée immédiate à tes voyages de classe découverte en 6ème...je n'ai plus 12 ans, ça ne va pas le faire. Et c'est là que tu comprends. Déjà quand tu arrives pour "embarquer", tu découvres que "l'équipage"à bord est sappé : chemise, cravate, veston à épaulettes et même les petits mocassins. Ensuite, tu rentres dans le bus, tu prends l'escalier ("Oui Madame le bus a 2 niveaux") et puis t'es rassurée, tu te dis que tu vas peut-être pouvoir dormir : les sièges sont beaucoup plus larges, compartimentés et s'inclinent à 180°. Tu t'installes dans un espace privatif et là c'est le top... L'équipage te distribue ta petite couverture polaire, ton oreiller et un apéritif de bienvenue. Mais tu atteins le sommet quand au bout de quelques heures après t'avoir servi ton plateau repas chaud et commandé ta deuxième mini bouteille de vin rouge, tu bois ta petite coupette de champ (local) avant de t'endormir bercé par un film sur ton LCD perso (anglais sous-titré espagnol). En gros, voyager en bus ici, c'est un peu comme voyager en avion en imaginant que les périodes de turbulence sont en continu.




 

"J"adooooooooorrrrrrrrreeeeeeeeeeeee"BUENOS AIRESSSSSSSSSSS!!! Oui on a adoré !

On nous avait dit que Buenos Aires c'était le New York City de l'Amérique du Sud, on ne peut que confirmer cette impression, bien vu Vidjey ! Même peut-être en mieux : non seulement la ville a toutes les qualités d'une grande ville excitante comme on aime les visiter mais elle a aussi ses petits plus europééns qui te manquent d'habitude en voyage (la bonne bouffe, le bon vin, la vie de quartier...). On s'est vraiment sentis comme chez nous dans cette capitale argentine, ce qui nous a poussé à changer légèrement notre programme initial : la petite semaine prévue s'est finalement transformée en 12 jours (8 jours avant la Patagonie et 4 jours après).

Il y a une vraie diversité constituée par les différents quartiers avec chacun leur propre identité que nous avons pu découvrir au hasard de nos déambulations (au final, on aura quand même bien ratisser la ville). Merci les courbatures !

 

Plus au moins chronologiquement :

Le Centro

C'est le premier endroit où on a atteri...dans une auberge de jeunesse toute refaite dans une tour de la calle Florida, LA rue pietonne commercante de la ville...rythmée de galeries constituant chacune de veritables centres commerciaux ( galerie de l'informatique, du hi fi, du sportswear, des marques coutures, etc..) en alternance avec des banques de tous les 4 coins du monde. Normal en tant que bon Dowtown qui se respecte, c est en effet aussi le coeur financier...Ca donne donc dans une nuées de foule fatalement hétérogène: une banque, une galerie, un Mac Do, une banque, une galerie, un Burger King, une banque etc en boucle... le Burger King ça c'est le plus ça fait plaisir (n'est ce seriously pas le gage d'être dans une ville qui va vous plaire ?, surtout quand tu vois celui-là, un vrai monument)...On y trouve de grandes avenues, certaines ont même des airs de Broadway, des grandes tours là c est Manhattan et là BOUM tu tombes sur l'obelisque au croisement d'une avenue qui te fait bizarrement penser aux Champs Elysées (en moins pédant qd même mais le coeur y est !), l"avenue 9 de Julio.




 

Retiro / Plaza San Martin

Dans la continuité, au bout de la calle Florida, tu decouvres une super plaza...là c'est carrement Central Park à une échelle plus accessible...Toujours les grandes tours à l'horizon (dominée par le buiding Kavanagh, édifice précurseur en beton), et une circulation d'avenues voire boulevards (naissance de l avenida del Libertador , espèce de boulevard péripherique) filtrées par des arbres aux courbes apaisantes...



 

Recoleta

Là on commence à vraiment à palper la singularité de l'identité de B.A. C' est résidentiel, culturel, paysagé, haut et aéré à la fois... des immeubles hausmanniens cohabitant avec de beaux immeubles 60ies, des musées, des ptits restos d' habitués pleins de charme et à se délecter...




La star, c'est évidemment le cimetière : oui effectivement leurs tombes sont énormes et plutot travaillées (une mini ville funeraire pour ainsi dire). C'est plus petit et plus propre que le Père Lachaise mais les "tombes" sont clairement plus impressionantes.




Sur une place de taille moyenne, on trouve un petit bijou d'archi 60 ies, ovni monumental de béton brut surélevé au sein de la ville, la Bibliothèque Nationale...Même la visite du bâtiment, véritable experience spatiale vaut le voyage en elle-même (même si ca le faisait bof de s'incruster en pleines scéances de révisions éudiantes ou de recherche façon touriste, l'emboitement des volumes suspendus, la sensation de panorama privilégié nous aura presque donné envie de se remettre à bosser....(PS Thomas : non pas du tout en ce qui me concerne))



On est même tombés lors de notre balade sur un petit musée de l'architecture...c'était une ptite expo avec maquettes de projets japonais....



 

Palermo

Palermo c'est carrément l'oasis de verdure de la ville, le quartier est longé de grands parcs et jardins diversifiés....Les thématiques se succèdent: artistiques (sculptures par ci par là), romantique (scéance petite barque ou pédalo sous un pont du jardin japonais : on a passé), sportive (foot, jogging, rollers: on a passé aussi...), mondaine (polo, courses de chevaux...euh ca on a voulu tester, bien plus drôle....)



Ca tombe bien Palermo est réputé pour son magnifique hippodrome ...1, 2, 3 immersion... infiltration d'une matinée de course hypique à moitié crédible dans un lieu où les baskets, les manches courtes, le short sont indiqués à éviter à l'entrée soit un cadre peu familier voire initialement hostile compte tenu de l'accoutrement des néophytes que nous sommes mais finalement plutôt agréable il faut le reconnaitre....On assiste d'abord à la premier course de la journée, les jockeys paradent avec leur monture et une demi heure après s'annonce une deuxième course.... Voyant le potentiel de la chance de la débutante chez Guillemette, je la pousse à joiuer sur la prochaien course. Après quelques refus, elle se laisse convaincre et jète son dévolu quelques secondes à peine avant la clôture des paris sur le numéro 4 ("évidemment au hasard") pour 20 pesos. Son poulain se bat en duel sur la ligne d 'arrivée on s'offre ¼ de seconde pour y croire et ......non! Revisionnage des ralentis télévisés dans la rage pour confirmation : malgré tout le coeur mis dans nos encouragements il arrive deuxieme sur les huit chevaux en course....C'est presque certes, mais dans le monde du gambling on s'en fout, presque c'est nada!

 



Palermo Viejo

Le vieux quartier du Palermo c'est le quartier qui continue sa reconversion encore aujoud'hui en tant que refuge et coeur créatif de la ville. Donc plutot djeuns, donc à la pointe de toutes les tendances (concept stores de designers ou créateurs argentins, restos de toutes world food inimaginables, bars gays..., clubs relookés par l'archi argentin dernier cri etc..). Le quartier semble s'être modernisé au fil du temps... les anciennes belles maisons en ruines sont rafraichies de couleurs flashy ou laissent place à de nombreuses tours flambant neuves plus ou moins grandes réalisées ou encore en chantier (expérimentation architecturale d'immeubles combinant logement et bureaux temoins pour jeune couple monoparental). Dans l'ensemble (comme souvent finalement à B.A.), tout cohabite bien....




Le quartier est plutôt étendu, il est en deux parties. La partie ouest c 'est le Palermo Soho (bah oui au moins la revendication est claire et la copie assumée). C'est là qu'on a fini notre séjour dans la capitale dans un bed and breakfast qui a sérieusement concurencé celui de Rio...belle vielle maison avec relooking intérieur local de goût aussi mais plus à tendance champêtre ......en terrasse aussi... un vrai petit havre de paix...

C'est donc en revenant de Patagonie qu'on a decidé de retourner dans le quartier, mais cette fois en auberge de jeunesse...Ainsi j'ai pu me faire deux apres-midi shopping toute seule apres tout ce temps de frustrations accumulées. J'avais reperé lors de nos premieres promenades le gros potentiel du quartier...les créateurs, le cuir sous toutes ses formes...bref un bonheur...



 

Boca

C'est le quartier populaire par excellence... il contient une rue quasi muséifiée: la rue Caminito, toute petite ruelle qui attire les touristes et qui symbolise LA carte postale typique de BA...Vieux cafés, danseurs de tango en démo dans tous les sens, statues de cartons pâte, devant un décor de façades recouvertes de tôles multicolores...drôle mais pas sans plus grand intérêt que ça...




Qui dit quartier populaire argentin dit......Football....

Les ruelles regorgent de maillots Maradonna taille 6 ans tatant la balle....C'est la quartier du stade des Boca Juniors, le fameux stade jaune et bleu...

On avait raté le Maracana, on allait au moins aller voir un match de Boca. Après un rapide coup d'oeil (trop) en ce dimanche matin sur le site du club, j'apprends qu'il affronte les Tigers à 19h30. Nous voilà donc après une balade dans le quartier en direction du stade...nos premières inquiétudes arrivent cependant assez rapidement : arrivés aux barrières aux abords du stade, je demande à un mec de la sécurité s'il reste des places et combien coutent-elles..."Oui surement, environ 500 pesos" (un peu moins de 100 euros) !!! c bizarre mais je me dis qu'il nous prend pour des touristes cherchant des places en présidentielle. Pas grave nous nous dirigeons vers la foule. Mais le plus suspect arrive rapidement quand nous réalisons que 90% des personnes dans la queue....sont des femmes, voire des ados...mais pourquoi les vendeurs ambulants vendent-ils des T-Shirts avec la gueule d'un David Charvet local???? Nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnn je réalise alors que le match n'aura pas lieu...et que Boca jouait en réalité à l'extérieur !!! Au lieu d'un match, se dessinait un concert d'un chanteur latino à midinettes...Encore raté!




Nous partons pour nous consoler à la recherche d'un des bars du quartier connu pour être un fief de supporteurs...nous nous aventurons alors à la tombée de la nuit dans des petites ruelles plus ou moins désertes (à part les chiens érrants, pas bp d'animation à l'horizon). Finalement, on aura pas trouvé ce bar à l'adresse indiqué par le très trendy guide Wallpaper de Guillemette. C'est en sortant de ces ruelles que nous sommes accostés par une voiture de police qui nous demande ce que nous faisons là et qui nous conseille vivement de changer de quartier. A priori, 21h un dimanche, c'est le couvre feu pour les gringos à Boca !

 

San Telmo

San Telmo fait le lien entre Boca et le Centro... c'est un vieux quartier populaire où nous avons passé notre dernier dimanche après-midi. Comme tous les dimanches, les rues autour du marché couvert sont envahies par les vendeurs ambulants, artisans, groupes de musique et les habitants de Buenos Aires venus se balader en famille pour chiner (fripes ou antiquités)...Faute de cash sur nous et de distributeurs en état de marche, nous n'avons pas pu en profiter pour acheter ce que nous aurions voulu (très frustrant pour l'un(e) d'entre nous) mais on y a passé un très bon après-midi tout de même.

 



Après Buenos Aires, nous avons décidé de commencer la Patagonie par la région des Lacs qui se trouve à peu près "au mileu" de l'Argentine, du côté de la Cordillère. La veille du départ, nous envoyons un mail à Thibault, un des 2 contacts familiaux que le père de Guillemette lui avait donné avant de partir, pour savoir s'il est possible de le recontrer. Afin de faciliter les choses, nous choisissons comme destination Junin de Los Andes, la plus petite ville de la province répertoriée dans le guide car il semblerait que Thibault habite là-bas...

Après 21h de bus, nous débarquons donc dans cette petite bourgade de la province de Neuquen. Premières impressions un peu rudes : froid, ville fantôme (on a mis 20 min pour trouver un endroit pour prendre un café), incertitude sur la possibilité de rencontrer ce cousin éloigné....Finalement, nous réussissons à l'appeler : il nous donne rendez-vous pour le diner et nous conseille...le seul hôtel du village, qui par chance vient d'être refait.(on était à notre connaissance les seuls clients). Junin est en réalité connue pour sa pêche à la mouche (il s'agirait même d'un des 5 meilleurs spots du monde) avec comme spécialité la truite. Pour nous occuper l'après-midi, nous nous lançons à l'assaut de la colline derrière l'hôtel pour une sympathique rando de 2 heures pendant laquelle Guillemette a enfin pu experimenter son baton de marche et nous avons pu apercevoir nos premières montagnes patagoniennes.




Thibault vient nous chercher et nous emmène diner dans un des 2 seuls restos ouverts le soir (pas de chance, le meilleur est fermé le mercredi). Une parilla et 2 bouteilles de Malbec ont toujours la particularité d'être les ingrédients parfaits pour se rencontrer et échanger dans la convivialité. Il nous invite donc gentillement à venir passer 2 jours dans l'Estancia dans laquelle il travaille et qui se trouve à un peu plus de 100 km de Junin.

 

Ces 2 jours plongés dans la vie d'une Estancia resteront à coup sûr parmi les meilleurs moments de notre voyage tant Thibaut a réussi à nous faire partager sa passion et sa joie d'administer une telle estancia. Qu'est ce qu'une estancia d'abord ? Historiquement, c'était le mot utilisé pour appeler les exploitations agricoles en Argentine ; maintenant, on applique ce mot à tous les territoires un peu ruraux détenus par des propriétaires privés (il existe des estancias purement touristiques par exemple qui s'apparentent à un hotel avec un immense jardin). L'Estancia Labernal dont s'occupe Thibault est toujours avant tout une exploitation agricole et un immense terrain de chasse (plus de 10 000 hectares, soit 4 km x 25 km!). Il s'agit d'un petit monde qui peut vivre en quasi autarcie : on y trouve des vaches, des moutons, des chevaux, des poules, des chèvres, une biche, des cochons, un abbatoir, des bassins à poissons et divers potagers et sèrres où l'on trouve à peu près tous les fruits et légumes possibles et imaginables. Grâce aux moyens mis par les propriétaires (un couple de riches industriels français...délocalisés à Bruxelles), Thibault aidé de ses 5 gauchos s'efforce petit à petit à transformer ce territoire quasi désertique et rocailleux en une petite oasis à partir par exemple d'ingénieux systémes d'irrigation, de nouvelles plantations...un vrai laboratoire à grande échelle...





Parmi les differentes activités de l'Estancia:

  • une balade à cheval de plus de 3 heures avec Don Aladino, son gaucho le plus fidèle, dans l'estancia qui nous a fait découvrir de magnifiques paysages...pour le côté "Vie ma Vie" de Florent Pagny dans son estancia....La liberté de penser...;



  • De bons repas avec légumes frais, pain fait maison et viandes locales grillées au feu de bois ... ;

  • une courte partie de chasse aux lapins avant le coucher du soleil. Après nous avoir fait essayer notre arme (fusil 22 long rifle) sur des cibles naturelles, nous avons arpenté l'estancia en 4x4 à la recherche du gibier...malgré quelques lapins ou lièvres, aucun trophée de chasse pour nous (Guillemette n'ayant pas eu l'occasion en raison d'une mauvaise place stratégique dans la voiture)...mais Thibault sauva l'honneur avec un lapin detecté depuis sa place de chauffeur au bout de 3 ou 4 tirs de pistolet...il est vrai moins précis.


  • La visite du chalet sur les hauteurs : il fallait partir tôt le matin et compter 2 heures de chemins de terre sinueux un peu tape cul pour y accéder... Don Thibault, comme l'appelle ses gauchos, en a profité pour faire sa ronde (état du bétail, des clôtures, de la végétation, évolution de l'irrigation des lacs, état des chemins...). Sur les hauteurs, les vaches sont toujours là (elles sont 100% naturelles car nourries par leur environnement), mais apparait aussi une faune plus sauvage...on trouve des sangliers (là pareil Thibault a failli nous en tirer un mais malheuresement ça n'étaient que des laies et leurs marcassins), des flamands roses, des guanacos (espèce de lamas local), des ibis (oiseaux multicolores), parfois des pumas (ce jour-là, on en a pas croisé) et même de gros rapaces comme le condor (on a eu la chance d'en approcher un sur notre chemin, et pour s'être logés à quasi un mètre de la bête, sa taille est effectivement impressionnante!) C'est donc après cette traversée sportive qu'on a commencé à apercevoir les cîmes enneigées des Andes pointer leur nez et que nous sommes arrivés au chalet "des patrons" récemment construit.Vue imprenable ... Là il y a de quoi se sentir seul au monde... Thibault nous a montré un chemin à quelques pas du chalet au bout duquel on tombe en contrebas, nez à nez avec un ptit coin de paradis de l'estancia où il nous avoue se détendre quelquefois l'été venu: des chutes d'eau privées donnant sur une piscine naturelle...



     
    De retour à Junin, direction le lac Huechalfuquen dans le parc naturel de Lanin où se trouve justement le volcan Lanin... On y est allés un jour de grand vent et de nuages qui nous ont empeché de voir véritablement le volcan mais qui nous ont permis de voir cet immense lac déchainé tel un océan d'un bleu indescriptible contrastant avec le noir des plages volcaniques, le camaieu de végétation et la brume cerclant les montagnes...bouleversant...


  • Enfin Thibault nous a proposé de passer notre dernière soirée ensemble à Junin où le traiteur du village organisait justement ce soir là une fête spéciale avec toutes les personnalités et proprios des estancias les plus importantes de la province...La thématique de la soirée était arabe... un régal: festin de plats et d'alcool à volonté... avec fond de danseuses du ventre peu farouches et plutot vénales (comprendre strippeuses, oui on était proche du strip club qd elles ont commencé à monter sur les tables pour se faire glisser des billets entre leurs seins sylliconnés, même Thomas s'est fait harceler pour une lapdance improvisée devant la scène: magique!!!)




     

    Bref, encore Merci à Don Thibault, pour son point de vue et nos échanges sur l'Argentine ( la présidente qui sert à rien, le chaos politique, la position des indiens et des gens du "campo"-les agriculteurs- dans le pays ...), pour les multiples anecdotes de ton quotidien (gérer les gauchos: parfois de vrais sketches tant ils sont dépendants et peuvent se comporter comme de vrais enfants avec lesquels il n'est jamais au bout de ses surprises – on retiendra l'épisode du rendez-vous de dentiste loupé par Don Aladino qui avait préferé se faire sauter son unique dent à l'acide plutot que de se déplacer jusqu à la ville) et pour avoir si bien partagé avec nous son mode de vie passioné et son investissement...

 

En voulant quitter la région des lacs patagoniens vers le sud de l'Argentine comme prévu, on s'est rendus compte qu'il n'existait pas de route directe jusque El Calafate (province de Santa Fé). Donc même pas de bus pour y descendre...

Pourtant l'occasion unique de voir un glacier nous tenait à coeur...Et puis quand même quand on y pense dans 15 ans y en aura peut-être plus, ce serait dommage de louper ça...Allez c'est décidé, il y a des vols internes abordables, la patagonie fera avec nous qq jours de plus...

C'est donc au sud de la région des lacs qu'on a fait une nuit avant de décoller à San Carlos de Bariloche, LA station de ski de la Patagonie au bord d'un énorme lac... Ca ressemble beaucoup à la Suisse en plus vaste, avec les specialités de chocolats etc...Le temps de se faire un diner fondue et on partait le lendemain matin.

En atterissant à El Calafate (effectivement pas beaucoup de routes aux alentours ...l'aéroport et la ville sont au beau milieu des montagnes) on s'est dit que n'étant pas encore dans la pleine saison, c'était l'occasion de se faire un ptit plaisir avec un hôtel type spa histoire de profiter du froid et de l'air frais de la montagne la journée et des vapeurs thermales pour le bien être du soir. On trouve la perle: l'hotel Imago avec tarifs ultra preferentiels...Allez on prend quatre nuits pour en profiter...




Apres avoir visité le centre de la ville, on s'organise pour l'apogée de notre venue : Le Glacier Perito Moreno en mode trecking...Pour cela on était pas tres équipés pour le froid à la base heureusement on a pu louer la veille de quoi être fins prêts pour l aventure...

Par chance, on a eu ce jour là un temps exceptionnel.

La journée commence avec la traversée du lac en bateau (des betits blocs de glaces plus ou moins transparents flottent par ci par là ) jusqu'au glacier pour se lancer dans une matinée treck littéralement SUR celui-ci avec crampons et guide...Les lagons d'eau bleue pure (potable en plus, une vraie eau de source), les jeux de la glace avec la lumiere, les crevasses et formes donnant lieu à de véritables sculptures naturelles rendent le trip qq peu surnaturel...On finit ces 3 h de treck par un petit whisky on the local rocks (fourniture de la glace in situ)...servin' sur le glacier qui fait la grande fierté du guide et qui passe tres bien malgré l'heure matinale il faut le dire...(Cette balade a été l'occasion pour Guillemette de se faire battre à plate couture par 2 japonais au coucours de la personne qui prendrait le plus de photos avec pour objectif de faire LA photo souvenir du Glacier...et pourtant je vous assure qu'elle a tout donné !!!)







Après une pause déj au soleil dans le refuge du parc naturel face au glacier, on repart en bateau jusqu'aux balconies (un peu comme à Iguazu) pour admirer la merveille de la nature qu'est le glacier...et sa longue "facade"...parfois d un bleu fluorescent aux endroits où la glace est plus fondue...Vu de dessus, la profondeur de la couche de glace semble infine.La balade le long de la facade est ponctuée de chutes de "blocs de glace" qui sont de véritables détonations... Chacune d'entre elles donne l'impression d'assister en direct à une catastrophe naturelle à elle toute seule....A un certain point, un pont qui enjambe le bout de lac restant se forme jusqu à la berge ... c'est un point de tension qui peut se briser d'un moment à l'autre...Apparemment ça n'arrive qu'une fois par an...On a attendu un peu, avec un ptit espoir que chaque détonation soit de plus en plus importante voire par chance celle du jubilé...mais non c'était pas le bon jour...





Je ferais une petite parenthèse sur notre retour en avion vers Buenos Aires tout simplement parce que j'ai juste cru qu'on allait y passer.. Moi qui ne pensais pas être forcément stressée pendant les périodes de turbulences en général...je peux avouer que l'expérience de ce vol mouvementé restera gravée dans ma mémoire...Je pense que c' est la première fois que je voyais un éclair de si près par un hublot...et au vu du silence pesant régnant dans l'avion..y avait de quoi flipper...j' ai donc passé les quinze dernieres minutes du vol la tête dans les bras de Thomas en lui demandant toutes les dix secondes jusqu'au moment de la sortie du train d'atterrissage si on voyait enfin autre chose que de la brume, de l'orage, ou des trombes d'eau avant de toucher la piste....C'est une de ces fois où on est content d'applaudir après l'attérissage.

 

Après quelques échanges par mail, nous décidons avec Ben&Fanny que nous nous retrouverons pour passer quelques jours ensemble à Mendoza. Nous arrivons un jour avant eux et en profitons pour faire le tour de cette ville sympathique mais qui n'a pas de grand intérêt. Les connaisseurs de vin savent en revanche que la région de Mendoza est connue pour son vin, sorte de Bordeaux argentin.

Le matin de l'arrivée en ville de Ben&Fanny (Ben étant un bro de l'école, du taf de la coloc, du poker, des soirées...bon je m'arrête vous avez compris mais que je n'ai presque pas vu depuis 1 an et demi après son départ en juin 2008 pour la Nouvelle Zélande) nous décidons de vaincre une de nos angoisses en faisant une sortie en parapente. C'est la première fois pour tous les 2...Finalement, malgré une petite angoisse au réveil, Guillemette se rassure en pensant que si ses parents l'ont fait il y a quelques années, elle peut le faire. Après une petite heure de route à monter en jeep une des colines surplombant la ville, et moins de 10 minutes de préparation et moins de 1 min d'instruction, nous voilà en l'air à plus de 2000 mètres d'altitude !!! Waouu quelle sensation, quelle vue...le vertige a disparu malgré le vent. Nos monos respectifs se tentent même à quelques acrobaties un peu avant l'attérissage. Ce "vol" d'une vingtaine de minute nous a procuré de réélles sensations...mais on va pas vous mentir, on n'est pas prêt à le faire tous les jours ! Tout s'est très bien passé en l'air...un peu moins au sol pour Guillemette qui mit quelques heures à se remettre de ses émotions, la cause à une sorte de "mal de l'air" le temps de remettre son organisme à l'endroit...





Ben&Fanny nous retrouve à l'hôtel pour une balade dans la ville, notamment le grand parc à l'ouest de la ville. Nous en profitons pour échanger sur nos voyages respectifs (ils finissent par l'Argentine après avoir déjà passé un plus d'un mois entre le Pérou, la Bolivie et le nord de l'Argenftine) lors d'un apéro et d'un diner qui présageaient déjà que la visite des bodegas programmée pour le lendemain ne serait pas de tout repos. Et malgré cet entrainement, cette tournée des bodegas fut réellement sportive : après avoir loué des vélos pour la journée à Maipu, une des villes du vignoble au sud de Mendoza, il était temps d'attaquer les dégustations. A 12h, nous avions déjà gouté 1 vin rouge (Malbec, cépage local), 1 absynthe flambée, des liqueurs et autres huiles d'olive et chocolats. A 15h, 5 verres de vins rouge supplémentaires, 1 vin sucré + 1 bouteille au déj au pied des vignes en plein soleil.A 19h, 6 vins rouge sup, un champagne et de nouvelles liqueurs à base de chocolat, banane, pamplemousse ou dulce de leche. A tout cela s'ajoute évidemment quelques kilomètres en vélo et des visites de bodegas. Je vous laisse découvrir leurs impressions sur leur blog (http://fannyetben.blogspot.com).

Une journée bien remplie qui fut achevée pour Ben et moi d'une soirée au casino car Guillemette et Fanny ont préféré se reposer à l'hôtel. Je vais faire court promis pour le poker (pour les mésaventures de Ben, voir son blog) : cave de 100 euros, 6 vieux à table, un croupier qui savait pas compter et peut-etre pas toute les règles....45 min plus tard : +300 euros (ça fera pas de mal sur les comptes du voyage...). Journée bien remplie ET très bonne soirée.







Le lendemain, journée dans des thermes au sud de Mendoza toujours avec Ben&Fanny pour nous remettre de nos efforts.Multitudes de piscines aux températures oscillant entre 18 (il parait) et 35° (on confirme) au milieu des montagnes.

 

Ca a fait vraiment plaisir de partager ces derniers jours en Argentine avec des amis dans un très bon esprit sportif, arrosé et détente. Merci encore à tous les 2 pour vos précieux conseils et tips pour la suite de notre voyage!!! Bon on a un peu triché car on les a revu le temps d'un diner à Valparaiso au Chili quelques jours plus tard mais ça c une autre histoire...un autre pays...un autre post....

 

Postcriptum culinaire : après une douzaine de jours au Brésil et ses merveilleux plats de poissons, nous sommes arrivés en Argentine avec l'idée de se régaler avec leur viande : on a vraiment pas été déçus !!! Le budget repas est le plus important des différents postes de dépense (hébergement, voyage, autre...) mais on regrette pas du tout (malgré qques kilos souvenirs). Avec la hausse de notre pouvoir d'achat par rapport au Brésil, on avait 2 optiques : en profiter pour économiser ou en profiter encore plus...évidemment, nous avons opté pour la 2ème !!! On a presque eu l'impression certains jours de passer nos journées dans les restaurants.

On a vraiment apprécié cette fameuse viande de boeuf argentine cuisinée, grillée ou en parilla (mix de différentes viandes grillées) qui fut toujours accompagnée d'au min une très bonne bouteille de Malbec (désolé Géraldine mais Guillemette n'aura bu qu'une seule bouteille de Sauvignon Blanc lors de ce dernier mois). Le vin argentin n'a décidemment plus rien à envivier aux vins français. On a pu tester aussi bien de grands restaurants que des petits restaurants typiques (évoquer El Teodoro dans le Recoleta devant Guillemette et une larme de bonheur s'en suivra) et que des restaurants à la cuisine inventive à Palermo. Le seul bémol concerne le Dulce de Leche, sorte de confiture de lait locale qui est utlisé dans la quasi totalité des desserts et ptits déjs...c'est pas mauvais au début mais ils ne peuvent pas s'empêcher de tout faire baigner dedans...



Par Guillemette&Thomas
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